décembre 11, 2019
Olivier Reutenauer

Museomix Lausanne 2019

Me voilà de retour au Palais de Rumine à Lausanne entre deux rendez-vous pour résumer mon expérience à Museomix en Novembre 2019. Museomix ? Un marathon créatif au sein même d’un musée (enfin plutôt trois musées à Rumine) et une expérience humaine très enrichissante de trois jours et demi ! En point d’orgue, une présentation des créations au public le dimanche et à des professionnels le lundi matin.

Alors en route pour quelques lignes sur ces essais d’“évolution” au sein des musées !

Commencez tout d’abord par une infrastructure et des bénévoles, ajoutez-y des gens volontaires de tous horizons (le “people” de “people make museums”, leitmotiv de Museomix), un cadre assez exceptionnel (le musée “Palais de Rumine” et ses coulisses), des thématiques (posées par les professionnels du musée, en lien avec une problématique) et des coachs pour encadrer le tout. Laissez travailler, donner des possibilités techniques, technologiques. Laissez à nouveau travailler et…découvrez des concepts plus ou moins délirants d’évolution au sein des espaces d’expositions.

 

Mon choix thématique (parmi 5) s’est porté sur une discipline qui véhicule certainement bon nombre de clichés : l’archéologie. La thématique “de la terre à la vie” visait justement à faire comprendre aux spectateurs d’un petit bout de silex (par exemple) dans une vitrine la vie, mort et renaissance de cet objet avant qu’il atterrisse au musée. Nombre d’événements et de personnes ont eu, ont et auront à faire avec cet objet. Pour en citer quelques uns : celui qui a façonné le silex, le pourquoi de cet objet enterré, l’archéologue découvreur et son interprétation, le conservateur, la médiation culturelle, etc.

Alors quoi au final ? Un fil rouge le long duquel je fais vivre mon objet (avant), en point central son enfouissement (sa mort), et sa découverte (renaissance) par un archéologue et l’apprentissage des métiers liés et de sa vie après. Ce fil rouge est matérialisé par une rainure dans un mur de plusieurs mètres de long dans lequel je glisse mon avatar d’objet archéologique en découvrant au fur et à mesure des postes de manipulation et de contenus. Pour vous faire une idée, vous pouvez consulter le projet. Nous vous invitons également à imaginer toutes les formes que cette installation peut prendre, en conservant le principe du fil rouge et d’un objet à glisser le long de ce fil : main courante ou rambarde dans une salle de musée, “caddie” à pousser le long d’un rail physique ou visuel, etc…

Le concept de Muséomix est très proche des réflexions et du travail que l’on mène habituellement chez Digital Kingdom et pour nos clients muséaux en particulier. On y retrouve des besoins ou des problématiques de médiation culturelle à résoudre par les idées et la pluridisciplinarité. Si chez DK notre coeur de métier, et levier pour résoudre ces challenges, est le jeu, les possibilités offertes par Museomix sont encore plus vastes et particulièrement intéressantes à explorer.

Produire un concept peu digital était une envie du groupe de travail, et était en ce sens proche de ce que nous essayons de mettre en place chez DK, c’est-à-dire une volonté de privilégier le contenu et les buts avant la technologie. Oui nous sommes Digital Kingdom, mais ce n’est pas pour autant que tout doit être digitalisé. Le digital doit être bien utilisé : comme un support et non comme une fin en soi.

Alors oui, j’y retournerai. Mais peut être avec pour objectif de mieux profiter de cet espace de créativité. C’est à dire de plus se lâcher, de créer de manière moins “professionnelle” et de se mettre un peu plus en danger. Tout en vivant à nouveau une belle expérience humaine avec de nouvelles personnes.